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Histoire : L'histoire politique, sociale et culturelle de la France depuis les années 1930

Vous analyserez comment l'État et la société française font face à la crise économique des années 1930, de la politique de déflation à la victoire électorale du Front populaire (1931-1936).

Analyse de documents au format du concours commun : 2 h, coefficient 3.

Le sujet

À partir d'une analyse critique de ces deux documents et de vos connaissances, vous analyserez comment l'État et la société française font face à la crise économique des années 1930, de la politique de déflation à la victoire électorale du Front populaire (1931-1936).

Document 1

« Loterie nationale », affiche de Charles Gir (1883-1941), caricaturiste et affichiste, 1936 ; lithographie en couleurs, 60 × 40 cm, imprimerie Max Cremnitz, Clichy (Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris, AFF2369).

Affiche en couleurs, au format vertical, sur un fond crème presque vide. En haut, en grandes capitales bleues : « LOTERIE NATIONALE ». Au centre, une jeune femme brune, souriante, les yeux mi-clos, porte une capuche rouge dont la pointe retombe vers l'avant à la manière d'un bonnet phrygien, un corsage rouge à col blanc fermé par un nœud bleu, un tablier blanc et une jupe rayée de bleu, de blanc et de rouge. Des deux mains, elle soulève son tablier, d'où débordent et tombent des dizaines de billets aux couleurs pâles marqués « LOT DE 5 millions », « LOT DE 1 million », « LOT DE 500000 F », « LOT DE 50.000 », « LOT DE 10.000 ». Le dessin, au trait de crayon rapide, laisse le bas de l'affiche blanc. En bas à droite, la signature « Ch. GIR » et le nom de l'imprimeur, Max Cremnitz, à Clichy.
Charles Gir (1883-1941) – Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris, AFF2369, 1936. Licence : Domaine public (auteur mort en 1941) ; reproduction de l'établissement sous CC0 (Auteur mort en 1941 : Charles Gir, de son vrai nom Charles Girard, « meurt à l'hôpital de Bordeaux en 1941 » après être tombé malade chez des amis en Charente, selon la notice de la commune de Grisy-les-Plâtres, où il est enterré ; la notice du musée Carnavalet donne les mêmes dates (« Tours, 01–11–1883 - Bordeaux, 22–03–1941 »). La protection de 70 ans après l'année du décès (code de la propriété intellectuelle, art. L. 123-1) a pris fin le 31 décembre 2011 ; mort de maladie, en 1941, sans mention « mort pour la France » relevée. Conditions de l'établissement détenteur, lues le 2026-10-12 sur la notice : « CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris » ; fichier téléchargé depuis le serveur d'images de Paris Musées (manifeste IIIF de la notice), 1458 × 2160 pixels, publié tel quel.).
  1. Inscriptions : en haut, « LOTERIE NATIONALE » ; sur les billets que la jeune femme porte dans son tablier, entre autres, « LOT DE 5 millions », « LOT DE 1 million », « LOT DE 500000 F », « LOT DE 50.000 », « LOT DE 10.000 » ; en bas à droite, la signature « Ch. GIR » et le nom de l'imprimeur.
  2. Loterie nationale : loterie organisée par l'État en vertu de l'article 136 de la loi de finances du 31 mai 1933, alors que la loi du 21 mai 1836 dispose que « Les loteries de toute espèce sont prohibées ».
  3. Lot : somme gagnée par un billet tiré au sort, en francs.

Image et licence lues sur : Paris Musées, collections en ligne : « LOTERIE NATIONALE », Charles Gir, 1936, musée Carnavalet, AFF2369 (auteur, dates, technique, dimensions, inscriptions, « Personnage de Marianne portant dans son tablier des billets de loterie », CC0)

Document 2

Léon Blum, député socialiste de l'Aude (Narbonne), allocution radiodiffusée prononcée à Narbonne le 21 avril 1936, pendant la campagne des élections législatives, au nom du Parti socialiste ; texte publié dans Léon Blum, L'Exercice du pouvoir, Paris, Gallimard, 1937 (extraits).

Cependant, nous le savons bien, ni les dangers courus par la paix, ni les périls courus par la liberté, ne peuvent faire oublier au peuple de ce pays ses misères et ses souffrances. La crise économique sévit. Tandis qu'elle s'atténue dans d'autres pays, en France elle paraît redoubler ses ravages. (...)

(...) Le premier système s'appelle la déflation. On l'a pratiqué depuis quatre ans, sous vos yeux et à vos dépens, avec une rigueur croissante. (...)

La déflation, cela signifiait mettre à la raison une production dévergondée. Cela signifiait cesser les investissements, couper les crédits, diminuer le nombre des entreprises par la faillite et le nombre des travailleurs par le chômage. Cela signifiait comprimer les prix de revient privés et publics, c'est-à-dire réduire les salaires, les traitements, les pensions, les allocations de toute nature. (...) Cela signifiait « réduire le train de maison de l'État », c'est-à-dire supprimer ou comprimer à l'extrême limite tous les crédits budgétaires productifs : construction de routes ou d'écoles, subventions de toute nature aux départements et aux communes, dépenses d'assistance. La pénitence était dure, mais on vous affirmait qu'après la pénitence, le jeu nécessaire des lois économiques ramènerait la prospérité ; (...)

(...) Nous affirmions qu'il fallait, non pas restreindre la production, mais accroître la consommation générale. L'autorité de l'État, nous voulions l'employer, non pas à détruire et à interdire, non pas à rationner et à borner, mais à créer et à stimuler. (...)

(...) La déflation poursuivie en France avec une obstination de plus en plus sévère a subi, en France comme partout ailleurs, un échec total. La misère va croissant. Ni le nombre des chômeurs, ni le nombre des faillites n'a diminué. (...) Après quinze lois ou décrets-lois de déflation, le budget de 1935 se boucle par un déficit de 7 à 8 milliards. (...)

  1. Déflation : politique de baisse des prix, des salaires et des dépenses publiques, menée pour rétablir l'équilibre budgétaire sans dévaluer la monnaie.
  2. Traitements : rémunérations des fonctionnaires.
  3. Décrets-lois : actes du gouvernement qui ont force de loi, pris en vertu d'une autorisation du Parlement.
  4. 7 à 8 milliards : de francs.

Texte lu sur : Wikisource : Léon Blum, L'Exercice du pouvoir, Gallimard, 1937, « Discours du 21 avril 1936 » (texte transcrit sur le fac-similé, avec la note de l'édition sur la radiodiffusion et Narbonne)

Le corrigé

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Sujet et corrigé rédigés par le site. Dernière relecture le 12 octobre 2026. Sources consultées :