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Histoire : Les relations entre les puissances et les modèles politiques, des années 1930 à nos jours

Vous analyserez comment la guerre d'Espagne devient, de 1936 à 1939, un enjeu des relations entre les puissances européennes et un affrontement entre modèles politiques.

Analyse de documents au format du concours commun : 2 h, coefficient 3.

Le sujet

À partir d'une analyse critique de ces deux documents et de vos connaissances, vous analyserez comment la guerre d'Espagne devient, de 1936 à 1939, un enjeu des relations entre les puissances européennes et un affrontement entre modèles politiques.

Document 1

Discours de Léon Blum, président du Conseil (gouvernement de Front populaire), prononcé le dimanche 6 septembre 1936 à Luna-Park lors d'une manifestation de la Fédération socialiste de la Seine ; texte publié par Le Populaire, organe central du Parti socialiste (S.F.I.O.), le lundi 7 septembre 1936, page 2 (extraits).

(...) En tout cas, dans la réalité des choses, tout s'est passé comme si certaines puissances avaient reconnu le Gouvernement rebelle comme un Gouvernement de fait et s'étaient jugées en droit de livrer des armes à ce soi-disant Gouvernement de fait aussi bien que d'autres pouvaient le faire au Gouvernement régulier. (...)

Camarades, je vous parle gravement, je le sais, je suis venu ici pour cela. Je sais bien ce que chacun de vous souhaite au fond de lui-même. Je le sais très bien. Je le comprends très bien. Vous voudriez qu'on arrivât à une situation telle que les livraisons d'armes puissent être faites au profit du gouvernement régulier et ne puissent pas l'être au profit des forces rebelles. Naturellement, vous désirez cela. Dans d'autres pays, on désire exactement l'inverse. (...)

Demandez-vous aussi qui peut fournir dans le secret, par la concentration des pouvoirs dans la même main, par l'intensité des armements, par le potentiel industriel, comme on dit ; demandez-vous aussi qui peut s'assurer l'avantage dans une telle concurrence. Demandez-vous cela ! Une fois la concurrence des armements installée, car elle est fatale dans cette hypothèse, elle ne restera jamais unilatérale. Une fois la concurrence des armements installée sur le sol espagnol, quelles peuvent être les conséquences pour l'Europe entière, cela dans la situation d'aujourd'hui ? (...)

Ne vous étonnez pas si nous sommes venus à cette idée. La solution, ce qui permettrait peut-être à la fois d'assurer le salut de l'Espagne et le salut de la paix, c'est la conclusion d'une convention internationale par laquelle toutes les puissances s'engageraient, non pas à la neutralité — il ne s'agit pas de ce mot qui n'a rien à faire en l'espèce — mais à l'abstention, en ce qui concerne les livraisons d'armes, et s'engageraient à interdire l'exportation en Espagne du matériel de guerre. (...)

La politique que nous venons de suivre n'a pas trouvé d'objection, de la part d'autres puissances. La convention à laquelle je déclare aujourd'hui impossible de refuser ou de soustraire la signature de la France, porte par exemple la signature de l'Union des républiques soviétiques. (...)

Je ne crois pas, je n'admettrai jamais que la guerre soit inévitable et fatale. Jusqu'à la dernière limite de mon pouvoir et jusqu'au dernier souffle de ma vie, s'il le faut, je ferai tout pour la détourner de ce pays.

  1. Gouvernement régulier : le gouvernement de la République espagnole, issu de la victoire du Front populaire aux élections du 16 février 1936.
  2. Gouvernement rebelle : la junte formée à Burgos par les généraux insurgés depuis le coup d'État des 17 et 18 juillet 1936.

Texte lu sur : Le Populaire, 7 septembre 1936, p. 2 (BnF, Gallica)

Document 2

Télégramme de Joseph Staline, secrétaire général du parti communiste soviétique, au Parti communiste d'Espagne, suivi du message du Comité central de ce parti auquel il répond ; traduction française publiée en première page par L'Humanité, « organe central du Parti communiste (S.F.I.C.) », le samedi 17 octobre 1936.

« Les travailleurs de l'U.R.S.S. ne font qu'accomplir leur devoir, en apportant toute assistance possible. Les masses révolutionnaires se rendent compte que la libération de l'Espagne de l'oppression des réactionnaires fascistes n'est pas une affaire privée des Espagnols, mais la cause commune de toute l'humanité avancée et progressive. Salutations fraternelles. J. STALINE »

Le Comité central du Parti communiste espagnol avait adressé à J. Staline le télégramme suivant auquel le texte qu'on vient de lire constituait une réponse.

« Au nom du peuple espagnol qui s'est étroitement rapproché de la patrie du socialisme, le comité central du P.C. d'Espagne, dont les membres se battent aux premiers rangs contre les généraux rebelles et les fascistes soutenus par le fascisme international, salue le Comité central du P.C. de l'U.R.S.S., particulièrement le grand camarade Staline, chef aimé du prolétariat international, guide de l'édification socialiste en U.R.S.S., défenseur ardent de la paix.

Le peuple espagnol dans une dure lutte qui se prolonge encore se sent plus fort grâce à la solidarité du peuple de l'U.R.S.S. et promet de ne pas cesser un seul instant la lutte, tant qu'il n'a pas abattu le fascisme dans notre pays, portant ainsi un coup cruel au fascisme international.

Notre peuple qui sacrifie sa vie dans la lutte contre le fascisme veut que vous sachiez que votre aide fraternelle a accru son enthousiasme, donné une nouvelle énergie aux combattants et raffermi sa foi dans la victoire. »

  1. P.C. : parti communiste.
  2. S.F.I.C. : sigle porté par le Parti communiste français dans la manchette du journal ; il n'est pas développé ici.

Texte lu sur : L'Humanité, 17 octobre 1936, p. 1 (BnF, Gallica)

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Le corrigé

Le corrigé établi par le site (présentation critique des documents, problématique, plan détaillé, introduction et conclusion rédigées, connaissances attendues, erreurs à éviter) est compris dans le Pass Concours commun 2027.

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Sujet et corrigé rédigés par le site. Dernière relecture le 1er octobre 2026. Sources consultées :