Allocution de Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique et président du Présidium du Soviet suprême de l'URSS, devant l'Assemblée générale des Nations Unies, New York, 7 décembre 1988 ; interprétation française publiée dans le compte rendu sténographique provisoire de la 72e séance (A/43/PV.72), p. 11, 12, 26 et 27 (extraits).
Il est clair, par exemple, que la force et la menace de la force ne peuvent et ne doivent plus être un instrument de politique étrangère. Cela s'applique, par-dessus tout, aux armes nucléaires. (...)
Il nous paraît tout aussi évident que le principe de la liberté de choix est obligatoire. Ne pas le reconnaître risque d'avoir des conséquences extrêmement graves pour la paix du monde. Priver les peuples de ce droit sous quelque prétexte ou sous couvert de quelque rhétorique que ce soit risque de compromettre même l'équilibre fragile qui a été atteint. La liberté de choix est un principe universel qui ne devrait souffrir aucune exception. (...)
La nouvelle phase exige également la désidéologisation des relations entre Etats. Nous n'abandonnons pas nos convictions, notre philosophie ou nos traditions, ni ne demandons à qui que ce soit d'abandonner les siennes. (...)
(...) le 15 janvier 1986, l'Union soviétique a présenté un programme pour édifier un monde exempt d'armes nucléaires. Traduit en positions de négociation réelles, il a déjà produit des résultats concrets. Demain, nous célébrerons le premier anniversaire de la signature du Traité sur l'élimination des missiles de portée intermédiaire et de plus courte portée, le Traité FNI. Je suis particulièrement heureux, par conséquent, de noter que la mise en oeuvre du Traité - l'élimination de missiles - se déroule normalement, dans une atmosphère de confiance et de pragmatisme. Il semble que nous soyons parvenus ainsi à faire une large brèche dans ce qui paraissait être un mur inébranlable de suspicion et d'animosité. (...)
Aujourd'hui, je suis en mesure de vous apprendre que l'Union soviétique a pris la décision de réduire ses forces armées. Au cours des deux prochaines années, leur force numérique sera diminuée de 500 000 hommes. Nous réduirons également de façon importante le nombre des armements classiques. Cela se fera de façon unilatérale, sans être lié avec les pourparlers sur le mandat de la réunion de Vienne.
En accord avec nos alliés du Traité de Varsovie, nous avons décidé de retirer, d'ici 1991, six divisions blindées de la République démocratique allemande, de la Tchécoslovaquie et de la Hongrie, et de démobiliser ces divisions. (...)